Johannes Vermeer (3)
Johannes Vermeer (3)
| source : http://www.allpaintings.org/ |
| VERMEER Huile sur toile, 74 x 64,5 cm (v. 1662-1664) Londres (Grande-Bretagne) Buckingham Palace Un homme contemple une femme, dont le visage, reflété par le miroir, se tourne indirectement vers lui, tandis que ce même miroir renvoie l'image du chevalet du peintre, présent par ce reflet dans le tableau. Sur l'épinette, l'inscription latine (" Compagne de la joie, remède des douleurs ") transforme la leçon en allégorie de l'Amour.
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Le Maître des scènes de genre (2)
Les tableaux dans le tableau
Dans les mises en scène dépouillées de Vermeer, chaque objet semble être investi d'un sens tant allégorique qu'esthétique. À dix-huit reprises, Vermeer insère un tableau à l'intérieur de son tableau, procédé en vogue dans la peinture de l'époque, mais dont la persistance chez Vermeer doit être explicitée, d'autant que la disposition du tableau secondaire attire irrésistiblement le regard. D'une manière générale, le sujet en est très différent des thèmes de prédilection du maître : il s'agit majoritairement de paysage, mais aussi d'épisodes religieux (Moïse sauvé des eaux, Jugement dernier, Crucifixion), mythologiques (Cupidon), historiques (Charité romaine), enfin une scène de genre, un portrait et une nature morte. La plupart sont sans doute des copies que Vermeer a pu exécuter à partir de toiles qu'il possédait, simple et banale : celle de poser le décor bourgeois des scènes de genre et d'évoquer l'intérieur réel d'une maison hollandaise.
Des sens multiples
Mais on ne saurait s'en tenir à cette fonction purement décorative : plus profondément, ces tableaux dans le tableau confèrent une dimension morale, allégorique ou érotique, à l'œuvre. Dans "L'Homme et la dame à l'épinette", .la peinture tronquée, sur la droite, figure une Charité romaine, thème fréquent dans la peinture hollandaise qui illustre comment Cimon emprisonné est allaité par sa fille Pera.
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| VERMEER Huile sur toile, 40,3 x 35,6 cm (v. 1662 - 1665) Washington (États-Unis) National Gallery of Art Plus que d'autres, cette toile a suscité une myriade d'interprétation qu'il faut toutes prendre avec prudence égale au silence de Vermeer. Elle assemble en tout cas des éléments symboliques dont les implications émotives sont très fortes : la balance en équilibre (mais vide : elle ne pèse... que les reflets du soleil) rappelle la justice, les perles l'éclat de la pureté, le bleu du vêtement sur la table évoque les couleurs de la vierge. La femme a des formes qui suggèrent l'attente d'un enfant, son air méditatif et serein fait d'elle une allégorie philosophique qui énonce peut-être un message de tempérance. Le mur du fond est occupé par un tableau représentant le jugement dernier : ce motif religieux de pesée des âmes confère une signification mystique au geste lent et solennel de la femme.
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Des sens multiples (suite et fin)
On peut y lire un élément de signification allégorique de l'œuvre : l'homme, comme emprisonné par son regard sur la femme, est-il l'autoportrait du peintre lui-même, qui se laisse nourrir par sa propre création artistique ? Mais le rapport qu'entretient le tableau secondaire avec la scène principale demeure souvent mystérieux et cède la place à une multiplicité d'interprétation possibles, tant il est vrai que le langage de Vermeer est allusif, discret, complexe dans son laconisme. Tout au plus peut-on dire que ces tableaux font effet de résonnance, évitant que le tableau ne se ferme sur lui-même, et invitent le lecteur à des associations d'idées très libres.
L'art de la citation
Enfin surtout, ces tableaux intérieurs ont une fonction esthétique : par leur agencement, leurs dimensions, leurs couleurs, ils constituent une pièce maîtresse dans l'équilibre formel de la toile. En même temps, ils permettent à Vermeer de situer son œuvre personnelle dans une relation de dialogue avec la peinture de son temps. On a pu identifier au moins deux des modèles utilisés par Vermeer : l'un, qui représente une entremetteuse, est un tableau peint en 1622 par Dirck Van Baburen. Vermeer le reproduit dans deux de ses toiles. Le Concert et la Femme assise devant sa virginale ; l'autre, qui décore l'Allégorie de la Foi, est la Crucifixion selon Jacob Jordaens. La comparaison des copies avec les originaux montre que le souci de Vermeer de restituer fidèlement ces derniers ne l'empêche pas de les transformer avec une souveraine liberté pour les adapter à son sujet.
Miroirs et fenêtres
Cartes de géographie, miroirs et fenêtres constituent d'autres dispositifs de ces mises en scène. Paradoxalement, quatre des cinq miroirs présents dans les toiles de Vermeer ne renvoient aucun reflet et ne semblent donc pas être destinés au spectateur. Seul le miroir placé au-dessus de l'épinette de la Leçon de musique permet de voir non seulement le visage de la femme représentée de dos, mais aussi le chevalet du peintre. Certaine fenêtres au contraire ont une fonction de miroir, comme dans la Liseuse, mais elles n'ouvrent pas sur la nature : telles sont les contradictions de cet univers qui suscite d'autant plus la rêverie de l'imaginaire qu'il est clos sur lui-même.
Un génie pas du tout méconnu.
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| source : http://www.allpaintings.org/ |
| VERMEER Huile sur toile, 63,3 x 76,5 cm (v. 1660-1661) Berlin (Allemagne) Staatliche Museum Le thème des libations*, comme discours allégorique de la séduction, occupe une place importante dans l'iconographie de Vermeer. Il l'emprunte d'ailleurs à une tradition contemporaine : Gerard Terborch (1617-1681), en particulier une version qui a sans doute influencé cette composition.
*Libation : RELIG. Acte qui consiste à répandre un liquide (vin, huile, lait p. ex.) à l'intention d'une divinité. Offrir une libation. Démodocus, saisissant une coupe, alloit faire une libation aux pénates de Lasthénès (CHATEAUBR., Martyrs, t. 1, 1810, p. 167) |
| Biographie source Wikipedia : Johannes Vermeer (baptisé à Delft, le 31 octobre 1632 – enterré dans cette même ville, le 15 décembre 1675) est un peintre néerlandais (Provinces-Unies) parmi les plus célèbres du siècle d’or. On l’a, de façon énigmatique, surnommé le « Sphynx de Delft », à cause de la combinaison de couleurs inimitables et la luminosité déconcertante présentes dans ses œuvres. Les peintures de Vermeer se distinguent par une utilisation subtile de la couleur et un arrangement idéal, créant une illusion d’espace particulière.
La carrière de Vermeer fut relativement courte et son œuvre de faible ampleur : en vingt ans, il n’a guère peint plus de quarante-cinq tableaux, dont trente-sept sont préservés. Il est fort possible que sa notoriété dépassât peu le territoire provincial de Delft.
Dans la cité hollandaise rattachée à la Maison d’Orange et qui bénéficiait encore d’un statut privilégié, il semble que Vermeer ait acquis une réputation d’artiste novateur.
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Johannes Vermeer (1) : http://culture-jym.over-blog.fr/article-30007485.html
Johannes Vermeer (2) : http://culture-jym.over-blog.fr/article-30078718.html


