Auguste RENOIR - Sur le sentier (1872)
Auguste RENOIR
Sur le Sentier (1872)
Dans ce paysage au charme discret, Renoir ne donne pas encore libre cours à sa joie de vivre. Mais on y découvre une facture fondue que l'on retrouvera dans certaines œuvres impressionnistes...
En 1868, après avoir essuyé plusieurs refus, Renoir est enfin admis au Salon avec sa "Lise à l'ombrelle". Deux ans plus tard, il présente à la même manifestation "La Baigneuse au griffon" et une odalisque[1]. Après avoir quitté Paris pendant la Commune, il installe son atelier rue Notre-Dame-des-Champs. L'année suivante, il fait la connaissance du marchand Paul Durand-Ruel, qui découvrira de nombreux peintres impressionnistes. Au début des années 1870, l'art de Renoir se caractérise par un métier varié : dans un même tableau, ses touches sont tantôt épaisses tantôt fluides, tantôt séparées tantôt fondues. Quelques années plus tard, il deviendra l'un des représentants les plus prestigieux de l'impressionnisme.
L'OEUVRE
Cette composition d'un format inhabituel est centrée sur la courbe que dessine le sentier. Une figure endimanchée et coiffée d'un chapeau de paille attire notre attention vers le centre de la toile. Au premier coup d'œil, on s'aperçoit qu'elle est singulièrement petite par rapport aux arbres géants situés sur la gauche. Sur la droite, les buissons et les arbustes sont traités, avec des touches tantôt serrées, tantôt fluides, dans une gamme de verts variés. À l'arrière-plan, des arbres arrondis se détachent sur un ciel grisâtre teinté de doré. On est loin ici de l'exubérance des Renoir plus tardifs. Mais ce paysage si simple, que ne renieraient pas les artistes de l'École de Barbizon, est empreint d'un charme inattendu.
LA CRITIQUE
"Il a l'optimisme de ceux qui se livrent aux forces de la nature est aux forces de leur instinct. Comme un savant ne prétend pas à connaître la matière, mais l'interroge en ses manifestations avec un optimisme minutieux et candide, ainsi Renoir a suivi les plus subtils passages de la couleur à la couleur, de la nuances à la nuances" écrit Octave Mirbeau.
Pierre-Auguste RENOIR 1841-1919 - Sur le sentier - Huile sur toile 46 cm x 38 cm - Signé en bas à droite "Renoir" - Peint en 1872 - Localisation collection particulière - Expositions Paris Londres 1958
La Baigneuse au griffon, que Renoir présenta au Salon de 1870.
Comme toutes oeuvres de cette époque, elle se ressent encore de l'influence de Courbet.

[1] Femme de harem représentée nue, allongée sur un lit, ou vêtue de voiles légers.