Auguste RENOIR - La Conversation (1879)

Publié le par Jean-Yves - PEINTRES - Pierre-Auguste RENOIR La Conversation 1879

 

Auguste RENOIR

La Conversation (1879)

 

 

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Qui se douterait en voyant cette toile que la jeune fille au teint de rose et aux mains jointes comme un coquillage, n'a plus que quelques semaines à vivre ? Elle sera emportée brutalement par la fièvre typhoïde...

 

En 1879, Renoir décide pour la première fois de ne pas participer à la quatrième exposition impressionniste et d'envoyer deux toiles au Salon, un portrait de l'actrice Jeanne Samary et Mme Charpentier et ses enfants, peints l'année précédente. "Renoir a un grand succès au Salon", écrit Pissarro à Murer, pâtissier et collectionneur de tableaux, "je crois qu'il est lancé. Tant mieux ! C'est si dur, la misère". En juin de la même année, Edmond le frère du peintre, présente des pastels de Renoir dans les locaux de La vie Moderne, une nouvelle revue consacrée à la vie littéraire et artistique, publiée par l'éditeur Georges Charpentier.

 

LES MODÈLES

Renoir a représenté dans La Conversation, le peintre Frédéric Cordey et l'un de ses modèles préférés, Marguerite Legrand, dite "Margot". Originaire de Montmartre, cette jeune fille était une habituée de l'atelier de la rue Saint-Georges entre 1875 et 1879. Elle apparaît également dans d'autres tableaux de Renoi, tels que La Tasse de chocolat ou Chez la modiste. Malheureusement, Margot devait mourir très jeune de la fièvre typhoïde, malgré les efforts conjugués du docteur Gachet et du docteur de Bellio, tous deux homéopathes, à qui Renoir avait fait appel pour la soigner.

 

LA SITUATION

"La petite m'écrit qu'elle souffre et ne sait quoi faire. Soyez donc assez gentil pour y aller, ou me dire si vous êtes malade, ou s'il vous est arrivé quelque chose", écrit Renoir, à Paul Gachet en janvier. Quelques jours plus tard il reprend : "Ce matin, Monsieur de Bellio est allé voir ma malade, il l'avait vue plusieurs fois chez moi (...). Bref, il m'a dit que quoique n'y étant pas été comme médecin, il a constaté cependant qu'elle était tout ce qu'il y a de plus perdue." Margot mourra le 25 février 1879. Ce jour-là, Renoir envoie ce billet laconique au docteur Gachet : "La petite fille que vous avez eu la bonté de soigner malheureusement trop tard est morte. Votre bien dévoué. Renoir" Le peintre fera enterrer Marguerite à ses frais.

 

Pierre-Auguste RENOIR 1841-1919 - La conversation - Huile sur toile 45 cm x 38 cm - Signé en haut, à gauche, "Renoir" - Peint en 1879 - Localisation : Stockholm, National Museum - Expositions : Scandinavie (exposition itinérante), 1921 ; Malmö (Suède), 1966.

 

 

    

Marguerite Legrand qui posa pour Renoir dans La Conversation lui servit également de modèle pour
"Le Moulin de la Galette".

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J-P Silvestre 30/09/2010 14:45


Margot a été immortalisée par le talent de Renoir...


Jean-Yves 30/09/2010 20:00



Tiens Bonsoir Jean-Pierre,
Quel plaisir de te lire.
Oui, en faisant cette série d'articles sur RENOIR je me suis aperçu, que souvent les modèles étaient des personnages de leur entourage et souvent des gens connus.
Jean-Yves



litteratus 27/09/2010 19:37


Je poursuis ma leçon de peinture... Terrible cette histoire de modèle prise par les fièvres !


Jean-Yves 28/09/2010 13:44



Merci Litteratus,
Echange de bon procédé, tu m'intrsuit en Litterature, et je vais faire de mon mieux pour t'offrir mes quelques connaissances en peinture, bien que je sois encore qu'un véritable
amateur.
Un petit complément d'information sur cette fièvre ici :
http://www.chu-rouen.fr/cap/typhoide.html

Jean-Yves



Rem 27/09/2010 11:50


Très émouvant l'histoire de ce tableau, j'ai beaucoup aimé le regard de l'homme posé sur cette femme Bises et bonne journée à toi Rem


Jean-Yves 28/09/2010 13:31



J'aime bien croire que toutes les toiles ont une histoire a raconté. À l'époque ça devait sans doute être le cas pour chacune d'entre-elles.
Il semble conquit par la dame.
Bisous merci Rem, je fais de mon mieux.
Jean-Yves



lili 27/09/2010 09:19


J'aime le regard d'écoute de cet homme .... et il a bien fait de porter autant d'attention à ces mots ! gros bisous


Jean-Yves 28/09/2010 13:28



Quel choc, cela a dû être pour ce peintre qui avait posé aux côtés de Marguerite, losqu'il a appris qu'elle était morte.
Il semble si complice sur cette toile.
Gros bisous
Jean-Yves



lizagrèce 27/09/2010 08:56


Pas facile cette époque-là !


Jean-Yves 28/09/2010 13:11



Tu l'as dit !
Je crois tout de même que chaque époque a son lot de soucis.
Malgré ce que je sais sur cette époque, je prendrais volontiers le risque d'y aller faire un tour...rien que pour cotoyer ces artistes.
Jean-Yves