C'était mon frère...
Théo et Vincent Van Gogh
(extraits)
Judith Perrignon
Étant très lent à lire, cela dit j'ai quelques livres en cours en même temps, j'aime passé de l'un à l'autre, je vous livre quelques extraits de "C'était mon frère... théo et Vincent Van
Gogh" de Judith
Perrignon,
[...] "Que le murmure des tournesols t'accompagne, qu'il te rappelle la lumière, la couleur des blés, les arbres qui se
découpent le soir alors que le ciel se déploie, plein d'étoiles.
Tu m'as écrit que dans la vie du peintre, la mort n'est pas ce qu'il y a
de plus difficile. Tu disais qu'un peintre qui s'en va parle à une génération suivante. Sache que la mort est plus noire que l'image que tu en avais." [...]
[...] "Il y avait un livre que nous lisions enfants, le livre d'images sans images d'Andersen. Le conteur vit dans une petite mansarde
semblable à la tienne, et, chaque soir, la lune vient le voir, lui décrit les paysages et les hommes, ceux des bords du Gange, du Groenland, du Sahara, des ruines de Pompéi, elle lui murmure :
"Peins ce que je te raconte et tu auras un beau livre d'images."
Mais toi, tu peignais que ce que tu voyais ! Tu t'en allais même capturer
la Lune... Tu emportais du jaune, du bleu, du violet, jamais de noir pour la nuit, et tu t'installais sous un bec de gaz.
Il y a des étoiles qui sèchent, suspendues à l'autre mur. La trace de ton
pinceau est encore fraîche. Je reconnais ton geste, à la fois rapide et insistant, je vois tes convulsions dans l'épaisseur de la couleur. Et ton oil aux commandes, infatigable jouisseur."[...]
[...] "Elle dit tout bas qu'elle est heureuse qu'il ait eu un frère à ses côtés pour lui fermer les yeux. que dans certaines de ses
dernières lettres, il parlait de son envie de revoir les siens.
La peinture est un monde en soi. J'ai lu quelque part,
l'année dernière, qu'écrire un livre ou faire un tableau, c'est comme avoir un enfant. Je n'ose pourtant pas m'approprier le propos. J'ai toujours trouvé que la dernière de ces trois choses était
la plus naturelle et la meilleure, en admettant que le propos soit vrai, et que les trois choses soient égales.
C'est pour cela que je fais parfois de mon mieux, bien que ce travail-là soit justement le moins
compris, et c'est pour moi l'unique lien qui relie le passé au présent. "[...]
source photo : http://www.fnac.com